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Accueil - Chantiers 2017 - Le chanteur et son rôle
Opéra / Théâtre
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Le chanteur et son rôle

4 au 15 décembre 2017 - 2 semaines / 70 heures / 2 x 5 jours

Paris / Ile-de-France

Chantier ouvert à 12 artistes lyriques professionnel-les

Le chanteur et son rôle
©D.R.

Jean-François Sivadier
Comédien, auteur et metteur en scène
Issu de l’école du TNS, il travaille d’abord comme comédien. Proche de Didier-Georges Gabily, il a participé à la création de Dom Juan / Chimères et autres bestioles en 1996 au TNB à Rennes. Il écrit et met en scène en 1997 Italienne avec orchestre. 


Au TNB, il a créé Le Mariage de Figaro de Beaumarchais (2000) ; La Vie de Galilée de Brecht (2002 et 2014) ; La Mort de Danton de Büchner (2005) ; Le Roi Lear de Shakespeare (d’abord présenté au Festival d’Avignon 2007) ; La Dame de chez Maxim de Feydeau (2009) ; Noli me tangere, dont il signe le texte (2011) ; Le Misanthrope, de Molière (2013).
À l’opéra, il a mis en scène depuis 2004 des œuvres de Puccini, Berg, Mozart, Bizet, Verdi, Rossini ou Monteverdi. Sa dernière création Dom Juan de Molière est actuellement en tournée.

Le chanteur et son rôle


Ce chantier s’adresse aux chanteurs d’opéra. Il essaiera d’analyser ce qui fait la spécificité du jeu d’acteur à l’opéra. Si l’opéra est l’occasion d’un rendez-vous entre le théâtre et la musique, le lieu de ce rendez-vous est toujours le corps du chanteur.
Nous parlerons donc du chanteur lui-même et non pas du personnage. Nous parlerons de la mise en jeu du chanteur sur le plateau et non pas de l’incarnation, de la représentation, de l’identification au personnage. Carmen n’est pas un personnage mais simplement un ensemble de notes sur une partition.
Nous essaierons de démontrer qu’à l’opéra, il n’y a pas la musique d’un côté et le théâtre de l’autre, il n’y a pas d’un côté le chant et de l’autre le jeu. A l’opéra, tout comme le théâtre ne vient que de la musique, le jeu ne vient que du chant. Mozart, Verdi, Wagner, ne sont pas de grands hommes de théâtre parce qu’ils mettent en musique de grands livrets mais parce qu’ils font quelque chose à la musique : ils en font du théâtre. Un théâtre qui se ressent plus qu’il ne s’explique. Un théâtre au-delà de la psychologie, au-delà du réalisme. Un théâtre qui atteint directement l’inconscient et qui ouvre, sur la scène, un espace toujours plus considérable que la linéarité de la fable. Un théâtre proprement injouable (que peut-on jouer sur les vocalises de la Reine de la nuit ?!) et c’est ce qui fait sa puissance. Il n’y a qu’un moyen pour le chanteur d’être à la hauteur de cette puissance, c’est d’entrer sur la scène avec rien d’autre que ce qu’il est.
C’est tout cela que nous essaierons, dans ce chantier, d’apercevoir et de nommer, pour essayer de réinventer, au-delà des clichés sur le caractère, l’interprétation du personnage, l’importance du costume, une manière d’entrer sur le plateau, libre, poétique, sereine, et toujours ludique (c’est-à-dire avec la conscience que tout cela n’est qu’un jeu), un état d’ouverture et de disponibilité qui délivre des mauvaises contraintes, qui envisage l’acte de chanter comme un motif de joie et de liberté, pour que le chanteur ne s’occupe pas d’essayer de représenter autre chose que ce qu’il est, mais qu’il s’attache simplement à être là, à sentir que, plus il sera simplement lui-même, sans mentir avec cet effort immense que lui demande la partition, plus le théâtre aura une chance de naître, sans qu’il n’ait rien d’autre à faire que ce qu’il sait faire : chanter.

Jean-François Sivadier

© Les Chantiers Nomades 2013 - Images "machines" et charte graphique ©Studio Desperado - Site mis à jour vendredi 21 avril 2017