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Théâtre / mise en scène
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Le geste du metteur en scène

2 au 14 décembre - 2 semaines / 84 h / 2 x 6 jours

Le Manège - Scène nationale - Reims

Chantier ouvert à 12 artistes interprètes, metteurs en scène, dramaturges professionnels

Le geste du metteur en scène
© B. Chelly

Jean-Yves Ruf
Metteur en scène, comédien, pédagogue

Après une formation littéraire et musicale, Jean-Yves Ruf intègre l’Ecole nationale supérieure du TNS (1993-1996) puis l’Unité nomade de formation à la mise en scène (2000), lui permettant notamment de travailler avec Krystian Lupa à Cracovie et avec Claude Régy.
Son travail de metteur en scène prend des formes très différentes : textes classiques, écritures contemporaines, opéras (très récemment il a mis en scène La Finta Pazza de Francesco Sacrati à l’Opéra de Dijon), dramaturgies plurielles : Chaux Vive, Silures, Jachère. En 2018, il met en scène un diptyque formé de deux pièces en un acte, l’une de Joseph Conrad, l’autre d’Eugène O’Neill, Maillon-Wacken.
Parmi les rôles qu’il interprète au théâtre, citons Benedict (Beaucoup de bruit pour rien, Shakespeare), Lopakhine (La Cerisaie, Tchekhov, Théâtre du Peuple/Bussang), ou encore Traps (La Panne, Dürrenmatt, Théâtre de Carouge. En 2017, il joue également dans Le zoophile, un solo d’Antoine Jaccoud mis en scène par Emilie Charriot au théâtre de Vidy et dans Tarkovski, le corps du poète mis en scène par Simon Delétang et créé au TNS.

Le geste du metteur en scène

Le geste d’un metteur en scène - ou d’un acteur de collectif qui participe à une mise en scène - la manière d’exprimer une intuition, de la partager, d’insuffler un rythme, une énergie, est sans doute ce qui constitue le centre de cet art. Mais quand on tente de le décrire, de le définir, on sent bien qu’on ne parle pas de l’essentiel. Qu’il ne s’agit pas d’une collection de techniques à appliquer, de solutions à apporter, mais que cela engage le corps, la pensée, les dits et les non-dits.
Est-ce transmissible ?
Je ne sais pas. Je sais seulement que tenter de le partager, de le mettre en question et de le préciser sous le regard des autres, nous permet de l’interroger, de l’approfondir, de le déplacer parfois. C’est l’utopie qui m’a guidé lors des trois derniers chantiers consacrés à la direction d’acteurs. Tenter d’accompagner chacun dans son propre geste, même embryonnaire, tenter d’approfondir ensemble ce qui fait sa spécificité, sa qualité propre. C’est rare et précieux, entre metteur-e-s en scène, comédiennes et comédiens, sans devoir produire un objet fini, de se donner ensemble le temps d’observer la richesse d’une séance de travail, d’échanger sur les questions que cela nous pose, de partager nos processus de recherche. S’agit-il de diriger ? Ou de suggérer, d’accompagner ? Ça se prépare une répétition ? Et comment ? Et d’ailleurs le mot "répétition" est-il juste ?
On traversera nombre de questions essentielles, de paradoxes féconds.
Les rapports entre le corps du texte et le corps de l’acteur, entre le corps et la voix, le souffle et la pensée, l’écoute et l’espace.
On n’épuisera aucune des questions, une vie n’y suffit pas. Mais il me semble que créer un espace où l’on puisse les éprouver et les approfondir ensemble est déjà un pas immense. Chacune, chacun viendra avec un texte, issu d’une pièce, d’un roman, d’un ouvrage philosophique, d’un recueil de poèmes… la seule contrainte est d’avoir envie de le questionner, de l’explorer, le partager avec les comédiennes, comédiens, et les autres stagiaires.

Jean-Yves Ruf

Programme pédagogique
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